Malgré elle, elle relève la tête.
Au bout de la ruelle, la lumière, les voitures ; la ville. Une minuscule silhouette se dessine au bout de l'allée et se rapproche d'un pas méfiant. La petite fille à bout de force se laisse glisser le long du mur. Elle a peur et cache sa tête dans ses bras. La silhouette, à présent devant elle, s'accroupit et pose sa main sur son petit bras frêle. Elle relève alors la tête, lors de ce contact qui l'a effrayée. Là, face à elle un ange...
Un petit garçon de surement un an de plus qu'elle se tient face à elle. Plus grand qu'elle de taille, les cheveux noirs, les yeux bleus légèrement bridés pouvaient montrer qu'il n'était pas du pays. Tous les gens ici ont les yeux noirs et bridés mais lui, lui il sort de la norme. Lui il n'est pas les autres. Une anormalité dans le pays où la normalité règne, le Japon. Dans ses yeux, une lueur. Cette lueur. Lueur de la peur mais de la protection. Cette lueur qui vous donne confiance en quelqu'un. Sans dire un mot il la fit se lever et tous deux partirent en direction de la ville, main dans la main.
Ils traversèrent cette ruelle effrayante, pour elle. Mais la main du jeune garçon la rassura. Arrivé au bout de la rue, la lumière éblouit soudainement la petite fille. Les bâtiments impressionnants de la ville qui se dressaient devant elle ne la rassuraient pas, loin de là. Les voitures roulaient vite, bien trop vite à son goût. Le monde remplissait la rue, l'envahissant de bruit. Les magasins étaient tous ouverts et remplissaient l'avenue principale, de Tokyo, de lumière. Les panneaux d'affichage électroniques, éclairaient le visage de la petite fille effrayée. Du haut de ses 3 ans, elle voyait la ville comme un monde effrayant.
Le jeune garçon la tira par la main le long du trottoir. Ils marchèrent ainsi pendant 10 minutes. Ils tournèrent à l'angle d'une rue et entrèrent, par la première porte à leur gauche, dans un immense bâtiment très luxueux. Ils montèrent un escalier, doucement éclairé par de douces lanternes. Arrivé en haut, le jeune garçon poussa une porte et entra dans une grande pièce lumineuse et spacieuse, suivit toujours main dans la main de la petite fille.
Elle laissa échapper un hoquet de surprise. Elle trouvait tout cela si beau... Un canapé de cuir blanc, une télévision aux contours blancs, un snack blanc assortit avec des sièges de cuirs blancs, tout était blanc. Le jeune garçon lui lâcha la main lorsqu'une femme, mi-âgée, mi-jeune entra dans la pièce.
Jeune femme- Oh !!! Yûniko ! Qui est cette jeune fille ? Elle est si mignonne...
Le jeune garçon alla se placer aux côtés de la jeune femme et regarda la petite avec cette lueur étourdissante introuvable dans les yeux des autres gens.
Yûniko- C'est l'enfant de l'oubli, maman.
Le jeune garçon avait prononcé ces mots comme si tout paraissait logique.